Statistiques apps muséales 2025 : pourquoi 90 % des apps natives sont utilisées par moins de 3 % des visiteurs

Nous avons analysé 157 apps muséales natives en Allemagne et en Autriche. En combinant les chiffres de téléchargement publics avec les fréquentations annuelles publiées, nous avons pu estimer le taux d’usage (« pickup rate ») de chaque app. Le résultat est clair — et alarmant :
90 % des apps muséales sont utilisées par moins de 3 % des visiteurs.
Cette analyse ne montre pas l’échec individuel de certaines institutions, mais un problème systémique. Depuis plus de 15 ans, les musées misent sur des apps développées de façon coûteuse et fortement individualisées — or la valeur ajoutée réelle pour les visiteurs reste souvent faible. Nos données montrent qu’il ne s’agit pas de cas isolés, mais d’un schéma à l’échelle du secteur.
Sources de données et fréquentation : comment nous avons calculé la statistique des apps muséales
Pour 110 des 157 musées, nous avons pu déterminer la fréquentation annuelle à partir de sources publiques fiables — notamment des rapports muséaux officiels, des journaux locaux et des organismes statistiques publics.
Pour les musées restants, aucune fréquentation fiable n’était disponible ; leurs apps ont donc été exclues de l’analyse. Chaque app de notre jeu de données contient une référence à la source respective, pour une transparence totale.

Installations d’apps : comment nous avons estimé les téléchargements iOS via la part de marché
Pour les apps Android, les chiffres d’installation et les dates de publication sont publics dans le Google Play Store. Pour les apps iOS, ces chiffres ne sont pas publiés. Pour combler cette lacune, nous avons utilisé des facteurs de correction basés sur la part de marché des systèmes d’exploitation mobiles en Europe. Avec une part Android d’environ 70 % et une part iOS d’environ 30 % (source : Statcounter), nous avons appliqué un facteur de correction de 1,5× pour tenir compte du nombre estimé d’utilisateurs iPhone. Cet ajustement permet une estimation plus réaliste de la portée réelle de chaque app muséale sur les deux plateformes.
Effet COVID-19 : ajuster les données d’apps à la baisse de fréquentation pendant la pandémie
Pendant les années COVID 2020 et 2021, les musées ont enregistré une nette baisse de fréquentation. En 2020, la fréquentation était d’environ un tiers du niveau de 2019, et en 2021 d’environ deux tiers des valeurs de 2019 (source : Institut für Museumsforschung, Zahlen und Materialien).
Pour les apps muséales déjà disponibles ces années-là, nous avons dû ajuster les chiffres d’installation pour tenir compte de la baisse de fréquentation. Cet ajustement implique une hausse artificielle des installations. D’abord, la part des jours où une app était activement disponible en 2020 et 2021 a été calculée. Exemple : si une app était disponible du 1er janvier 2019 au 1er octobre 2025, elle était en ligne au total 2 730 jours. Ensuite, on a déterminé combien de ces jours tombaient en 2020 et 2021. Le chiffre d’installations a ensuite été augmenté au prorata de ces jours de pandémie par rapport à toute la durée de vie de l’app.
Calcul du taux d’usage (« pickup rate ») des apps muséales
Pour déterminer le taux d’usage moyen, nous avons d’abord combiné les chiffres d’installation corrigés et les dates de publication des apps. À partir de ces données, le nombre moyen de téléchargements par an a été calculé. Ce nombre a ensuite été divisé par la fréquentation annuelle publiée du musée respectif. Ainsi s’obtient le taux d’usage par app — c’est-à-dire la part des visiteurs du musée qui ont réellement téléchargé l’app.
Résultats : les taux d’usage des apps muséales sont alarmamment bas
Sur l’ensemble des 110 apps évaluées, le taux d’usage moyen n’est que de 1,3 %. Le taux le plus élevé mesuré est de 10,5 %.

Ces données conduisent à deux enseignements centraux :
-
90 % de toutes les apps ont un taux d’usage de 3 % ou moins.
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50 % de toutes les apps ont un taux d’usage de 1 % ou moins.

Les résultats montrent qu’il n’existe pas de corrélation significative entre la fréquentation d’un musée et le taux d’usage de son app.
Conclusion : pourquoi les apps muséales natives atteignent à peine les visiteurs
L’analyse met en évidence un problème fondamental : malgré des investissements considérables, les apps muséales natives n’atteignent qu’une infime fraction des visiteurs — souvent moins de 3 %. Étant donné que le développement d’une app native individuelle peut coûter des dizaines de milliers d’euros — plus le coût courant de production de contenus, traductions et enregistrements de speakers —, on voit ici une nette mauvaise allocation des ressources. Un taux d’usage aussi bas n’est pas seulement décevant ; il pointe une inefficacité fondamentale dans la stratégie numérique de nombreux musées. La médiation numérique est reconnue comme priorité, mais les moyens choisis n’atteignent tout simplement pas le public.
Comment les web apps éliminent la barrière du téléchargement pour les visiteurs de musée
L’un des plus grands obstacles à l’usage des apps muséales est le processus de téléchargement lui-même. L’accessibilité signifie aujourd’hui non seulement l’accès physique au musée, mais aussi un accès numérique simple à ses offres. Même si une app est bien conçue, des étapes supplémentaires — chercher, télécharger et installer une app via l’App Store — peuvent décourager beaucoup de visiteurs. Contrairement aux apps natives, qui doivent être développées séparément pour Android et iOS et distribuées via leurs plateformes, les web apps fonctionnent directement dans le navigateur — sans installation, sans téléchargement. Elles tournent immédiatement sur tous les appareils et sont souvent accessibles via un simple scan de QR code.
Chez nuseum, c’est exactement l’approche : notre web app « nuseum Copilot » permet un accès immédiat — directement via des QR codes sur les billets, dans l’exposition ou dans le matériel d’accompagnement. Ainsi, la médiation numérique devient une partie naturelle de la visite, non une barrière supplémentaire.
Des fonctionnalités tendance à une vraie valeur ajoutée : comment naissent des apps muséales que les visiteurs utilisent vraiment
Le processus de téléchargement n’est pourtant pas le seul problème. Les avis utilisateurs montrent encore et encore que beaucoup d’apps muséales souffrent d’un manque de qualité — que ce soit par une interface confuse, des erreurs techniques ou des fonctions superflues. Souvent, le développement intègre des idées bien intentionnées mais peu pensées : éléments de réalité augmentée, gamification ou interactions complexes doivent séduire des publics plus jeunes, mais obtiennent rarement l’effet souhaité. Au lieu de se concentrer sur des tendances à court terme, nous suivons chez nuseum une autre approche : nous nous concentrons sur ce qui crée une vraie valeur ajoutée pour les visiteurs. Avec les musées, nous développons la visite numérique de façon itérative — sur la base de feedback qualitatif et quantitatif des visiteurs. Ainsi naissent des expériences numériques qui n’impressionnent pas seulement techniquement, mais enthousiasment durablement.
Le dernier kilomètre : pourquoi la communication décide du succès des apps muséales
Même la meilleure app reste sans effet si les visiteurs ne savent pas qu’elle existe. La communication est donc le facteur décisif sur le « dernier kilomètre » entre offre numérique et usage réel. Si une app n’est pas activement promue ou présentée de façon compréhensible, elle ne peut pas déployer son potentiel. C’est exactement là que nuseum intervient : nous aidons les musées à optimiser la visibilité et l’accessibilité de leurs offres numériques — sur place, par des indications claires, des QR codes et une prise de parole ciblée, ainsi qu’en ligne, via le site et les réseaux sociaux. Ce n’est que par une optimisation continue, des décisions fondées sur les données et un feedback récurrent des visiteurs que l’on peut atteindre un haut taux d’usage. Ainsi nous nous assurons que chaque visiteur a la possibilité de découvrir la pleine expérience numérique au musée.
Chez nuseum, nous sommes convaincus que les meilleures expériences muséales numériques naissent d’une adaptation continue sur la base des données visiteurs et du feedback. Ce n’est que si les offres numériques sont développées et optimisées en continu qu’elles peuvent rester pertinentes et efficaces à long terme. Cette approche agile, nous la rendons possible grâce à l’intelligence artificielle.
Le jeu de données complet sur lequel repose cette analyse est disponible ici.